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Fournir si possible une liste informatisée des collections, la plus détaillée possible, mais une liste de boites c’est déjà bien ! Allez voir ma fiche « Comment faire un inventaire« 

Photo du Muséum Australie. Depuis les restrictions de déplacement liées au Covid, l’entreprise qui numérise les données a enregistré un bon de plus de deux millions d’informations ! Bonne idée, des particuliers peuvent contribuer au projet.

Le Padil en Australie répertorie les espèces problématiques pour les cultures et la stabilité des écosystèmes australiens. Ils possèdent une superbe collection de scolytes, renseignés et photographiés pour permettre à n’importe qui de mieux les identifier !

Janvier 2022

Organiser sa collection : l’inventaire

Que vous soyez collectionneur, ou conservateur de collection, cet article est pour vous !

Si nous conservons à un niveau patrimonial (dans les musées) des collections, c’est pour deux grandes raisons: la première, conserver une part d’histoire de l’humanité. Une collection du XVIIe siècle ou un vieux Lépidoptère soigneusement séché entre deux pages seront toujours les bienvenus dans un musée. Mais ce n’est pas d’eux que je veux parler aujourd’hui. 

La seconde raison, souvent oubliée malheureusement, ce sont les données scientifiques. Ces informations de lieu, de date de récolte d’une plante, d’un animal ou d’un minéral sont des informations scientifiques qui nous permettent de comprendre notre environnement, de l’analyser, de revenir dessus comme dans des livres pour y piocher des informations. 

Une collection d’insectes est une bibliothèque d’informations où l’on vient régulièrement soit relire quelques lignes, soit découvrir un nouvel ouvrage que nous n’avions pas remarqué auparavant.

Maintenant, imaginons la bibliothèque nationale… avec des livres non référencés, et tous mélangés. Impossible de retrouver LA référence que vous cherchiez. Et bien c’est exactement pareil pour une collection… d’insectes pour notre cas. Si vous êtes un collectionneur, personne ne voudra de votre bibliothèque en bazar. Si vous êtes conservateur, ce n’est pas parce qu’une bibliothèque est en bazar qu’elle ne contient pas d’incunable…

Je n’ai rien inventé, pour résoudre ces petits problèmes… ON RANGE, ON CLASSE, ON INVENTORIE ! Oui mais comment? 

Avec méthode ! Si vous êtes collectionneur et que vous étalez des insectes, vous êtes méthodique, et si vous êtes conservateur, vous êtes nécessairement méthodique. Alors plus d’excuse de temps, de méthode, on file sauver le patrimoine ! J’ai décomposé en plusieurs étapes ma méthode. Il en existe d’autres plus spécifiques, plus pointues (Voir ici McGinley, 1993). La mienne est adaptée selon ma connaissance de l’état des collections françaises d’insectes en général. 

  • Niveau 1 : faire une liste manuelle des collections, le nom des collectionneurs, le nombre de boites, les Ordres présents dedans, la localisation des boites, et l’attribution d’un numéro à chaque boite. Ce niveau est atteignable par tout le monde.
  • Niveau 2 : Passer cette liste manuelle à une liste informatique avec une photo de la boite. Encore une fois, pas besoin d’être entomologiste.
  • Niveau 3 : avoir passé le niveau 2 avec brio, et y ajouter un dossier d’oeuvre. QUID? Le Ministère de la Culture nous indique ceci : “Le premier objectif du dossier d’œuvre est de rassembler au même endroit les informations les plus fiables et pertinentes sur une œuvre (…) que celles-ci soient administratives, scientifiques, techniques ou matérielles. C’est la véritable mémoire de l’histoire de l’œuvre ». Nous ne nous attarderons pas à développer le fait qu’une collection d’insectes est un œuvre, c’est de fait, une collection, voire une collection patrimoniale. Il s’agit donc de renseigner sur une fiche l’identité et la description de la collection. Bien entendu, l’histoire, le contexte de sa création, l’histoire des interventions de conservation, ainsi que que la littérature liée à la collection. A minima.
  • Niveau 4: avoir passé le niveau 3, et y ajouter un tableur avec la liste des spécimens, dont chaque étiquette est soigneusement lue et les informations qu’elle contient sont référencées dans une colonne spécifique. Oui, c’est beaucoup de travail. Comparé au travail réalisé sur des œuvres d’art par exemple, ce n’est pas si différent. De nombreux musées dans le monde ont terminé cet exercice, ou sont en cours de réalisation. Le muséum de d’Australie est en cours, ainsi que celui de Berlin, de Londres

Regardez comme c’est facile de travailler sur les Scolytes ici

Conclusion : On commence par faire la liste manuelle, la liste informatisée, les photos, parce que pas besoin d’être entomologiste pour le faire ni de matériel spécifique. Et quand notre cher Ministère de la culture aura compris qu’il  (existe des collections scientifiques) et  qu’il est temps d’agir pour la protection de l’environnement en passant par sa compréhension… on pourra faire ceci. A bon entendeur !

Parfois, l’arrivée au Musée ne se fait pas toujours dans les règles de l’art, mais les boites sont bien arrivées, passées sous atmosphère modifiée pour les désinfecter… et rangées !

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Récupération en urgence de la collection de Mr. Y.

DONNER SA COLLECTION

Décembre 2021

En ce mois de cadeaux, je souhaiterai aborder le don de sa collection.

PAS DE POUBELLE POUR LES COLLECTIONS !

Au cours des dernières années d’Actias, et même bien avant, j’ai pu constater de nombreuses collections passant d’un propriétaire à l’autre, ou d’un propriétaire à… une poubelle. Et oui, une collection d’histoire naturelle, d’entomologie de surcroît, quand la famille en hérite, ça lui prend de la place, il faut s’ en occuper, c’est compliqué… bref.

DONNEZ ! SECURISEZ !

Elles finissent très souvent par être données ou jetées. Pire: mises au grenier ou dans le garage. Et croyez moi, ce n’est pas que la famille ou les amis entomologistes n’aime pas le collectionneur, mais c’est vrai que quand on n’en fait rien…

Bref, si l’on souhaite que sa collection nous survive, il est INDISPENSABLE de s’y prendre de son vivant et de sécuriser le don. Que ce soit à un collègue, un ami, une école ou une institution muséale. Ce n’est pas toujours drôle, mais quand on se marie, on signe un testament, c’est pareil pour sa collection, car quand on est mort, c’est bien trop tard pour prendre des décisions. 

ÇA N’ARRIVE PAS QU’AUX AUTRES !

Et j’ai plusieurs exemples à vous donner, Mr. X, a collectionné toute sa vie des papillons exotiques (protégés…, hum… passons). Il a ses contacts sur place, il reçoit ses spécimens, sa collection est du coup unique. Tout le monde la connait.  Il est âgé, sous tutelle. Il témoigne auprès d’une institution et d’associations qu’il souhaite que sa collection aille dans un musée. Mais il ne veut pas s’en séparer de son vivant. Mais lorsqu’il décède, un membre éloigné de la famille hérite de l’ensemble et met le tout aux enchères. De son vivant, il avait le droit de donner sa collection, qui aurait été emmenée en musée. Après sa mort, il n’est plus décisionnaire. Même s’ il a écrit ses volontés. 

Mr Y, passionné d’entomologie dans une spécialité peu commune, travaille le soir et ses week end avec sa famille et ses collègues entomologistes associatifs. Il prépare une très belle collection. Lors de son décès, la collection est conservée. Mais la maison est bientôt vendue et la collection termine dans le garage de Mamie. Autant la considérer comme sacrifiée. Pour connaitre son histoire, vous pouvez écouter ce Podcast enregistré par Mandibules.

Dernier, Mr. Z, fabricant de matériel entomologique, collectionneur reconnu, entomologiste de terrain chevronné, déclaré, décède. La collection reste dans son bureau, plus chauffé, car “vide”. La collection moisi. Elle est devenue presque irrécupérable. Pourtant, nombreux sont ceux qui auraient pu la reprendre, en théorie.

Au-delà d’histoires tristes, ce sont aussi des drames scientifiques. D’excellentes collections contenant des animaux morts pour la science sont jetés à la poubelle. Et c’est autant de données scientifiques et d’informations sur la notre connaissance des milieux sont perdues.

Alors, décidez et verrouillez votre don DE VOTRE VIVANT!

Epingles pour faire sécher les insectes. Acier et verre.

Epingles dites « camion » pour tenir les étiquettes.

Les minuties sont les épingles les plus petites pour de très petits spécimens.

Vieilles épingles encore en cours d’identification. Carlsbad? Merci à Bruno Lambert et Alain Rouch !

Novembre 2021

Les différents types d’épingles en entomologie.

De prime abord, je distingue quatre types d’épingles utilisées en entomologie pour différents objectifs: pour tenir les insectes pendant leur séchage, pour piquer les insectes, pour tenir les étiquettes sans insecte.

En ce qui concerne les épingles pour tenir les insectes pendant le séchage, peu importe, même celles de couture iront très bien, du moment qu’elles sont propres, désinfectées et en bon état. Je précise: propres car il est facile de transporter des larves, oeufs ou spores de boite à boite avec des épingles. Un petit nettoyage à l’alcool à 70° sera parfait. Elles sont souvent choisies avec des têtes en verre. Attention cependant aux anciennes têtes en verre, car si elles se cassent, c’est double peine: verre et épingle dans le doigt. Aïe.

En ce qui concerne les épingles dites “camions”, qui sont faites pour fixer les étiquettes sans insectes, on les trouve souvent en acier galvanisé. Si elles sont garantes des informations scientifiques et ont leur importance, mis à part la rouille si les conditions de conservation ne sont pas respectées, elles ne risquent rien et sont facilement changeables. 

Si vous débarquez (bienvenue!), pour connaître les bonnes conditions de conservation des boîtes d’entomologie, c’est par ici.

Les minuties. Ce sont des épingles très fines, sans tête. Cela permet de les rendre plus discrètes et beaucoup plus fines. Il en existe plusieurs tailles de différentes épaisseurs. Souvent utilisées pour fixer un tout petit spécimen très fin, ou faire un double montage, ou un morceau coupé, ou un récipient avec des édéages. Elles sont en général fabriquées en Inox. Du moins, je le recommande fortement.

Là où l’histoire se complique, c’est à propos des épingles qui traversent les insectes. Car pour le coup, si l’épingle se dégrade, c’est dangereux pour le spécimen et donc la donnée scientifique.

Elles sont composées d’une tête, pour les anciennes épingles dans le même matériaux que l’épingle, pour les plus récentes, en résine époxy.

Comment sont fabriquées ces épingles entomologiques? Et bien à la main! Pour beaucoup de fabricants que j’ai pu contacter en tout cas. Ce qui explique parfois le prix… et la zone de fabrication! La plupart des épingles trouvées sur le territoire français proviennent d’Europe de l’est. Tout comme d’autres accessoires que nous verrons plus tard.

La plupart des collectionneurs utilisent des épingles en inox. D’autres préfèrent les épingles noires (plus élégantes c’est vrai!), fabriquées en acier recouvertes d’un vernis anticorrosif.  Pour avoir vu les épingles noires dans certaines collections, je ne les recommande pas pour des collections patrimoniales, car le vernis anticorrosif joue bien son rôle, mais il y a la moindre rayure, l’épingle rouille.

A l’observation sous loupe x40, on se rend compte que le métal est “enroulé” sur lui-même. 

Alors, oui c’est plus cher, mais l’inox est définitivement un meilleur choix.

Aujourd’hui, je travaille avec des partenaires que je révélerai plus tard sur la composition des épingles en inox. Car oui, l’histoire ne s’arrête pas juste à “trouver des épingles en inox”, il existe plusieurs qualités d’inox…

Affaire à suivre!

 

Merci aux entomologistes et amis pour leur participation à la récolte d’épingles entomologiques 🙂

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Petit tas de poussière caractéristique d’une infestation entomologique.

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Anthrène, adulte. Photos André Lequet.

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Papillon ayant « graissé » : les lipides contenus dans le papillon ressortent et se cristallisent sur le spécimen. Nous en reparlerons!

Octobre 2021

Comment rangez-vous vos boites d’insectes?

A l’horizontale ou à la verticale les boîtes d’insectes? Mettez-vous votre barbe sur ou sous la couverture? Voilà bien des questions qui donnent du fil à retordre! Je ne suis pas compétente pour la barbe… Mais pour les boîtes entomologiques, oui!

Souvent, par gain de place, d’argent, facilité de rangement, les boîtes sont placées à la verticale. 

Historiquement, on trouve plus souvent des meubles avec des tiroirs-boites, à l’ horizontale donc. Alors, effet chic pour une consultation ou une démonstration, ou logique de conservation? 

Les deux mon capitaine! 

 

Plus simple de tirer le tiroir de la bonne Famille pour consulter les spécimens, sans avoir à soulever, poser la boîte quelque part. Plus chic certainement, car on peut montrer plus facilement sa superbe collection, et un beau meuble ça en jette. Certes. Mais aussi méthode de conservation, car un insecte attaqué par des ravageurs, perd de la poussière. Et quand la boite est à l’ horizontale, on détecte très facilement le spécimen problématique, qui possède un petit tas de poussière juste dessous. Avec une boîte à la verticale, la poussière tombe dans le fond, impossible de localiser le problème. 

 

On voit mieux les spécimens de façon générale, et donc on détecte mieux les éventuelles moisissures, début de graissage ou autre problème.

Chaque insecte a soit une épingle dans le corps, soit une épingle dans un paillette. Avec une boîte placée à la verticale, la gravité va faire pencher les insectes, et donc au cours au temps, tordre l’épingle. A l’horizontale, au pire, l’insecte glisse le long de l’épingle.

Bref, chacun fait comme il peut, mais les boîtes à l’horizontale, c’est mieux. 

Pour les conseils sur le positionnement des boîtes d’entomologie, c’est par ici.

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Boite de vulgarisation avec compartiments pour catégoriser.

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Anthrènes, adulte en haut et larve en bas. On trouve aussi souvent les mues dans les collections. Photos avec l’autorisation d’André Lequet.

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Boite avec réflecteur pour voir l’envers des papillons.  H. Coupin 1895 « L’amateur de papillons ».

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Coupe transversale de la boite à double gorge. H. Coupin 1895 « L’amateur de papillons ».

Septembre 2021

4 astuces pour bien choisir ses boîtes en entomologie.

C’est LE sujet à bien réfléchir quand on possède une collection, que l’on soit collectionneur ou gestionnaire.

La « carapace » des insectes est faite de chitine, qui, une fois séchée peut subir différents problèmes mécaniques ou être détruite par différents éléments biologiques comme des insectes ou des champignons. 

 

LA COMPOSITION DES MATÉRIAUX DE LA BOÎTE

Pour les problèmes mécaniques tels que la casse, le déchirement, les insectes sont protégés avec la boite en bois, à condition que : le dessus en verre soit bien accroché et étanche, que le dessous de la boite soit robuste, on retrouve trop souvent une feuille de carton fine. Il faut du solide, ça peut être du carton, mais résistant et pas trop épais pour ne pas garder l’humidité. Au XIXᵉ siècle, ils appelaient cela un « carton liégé ». Privilégiez un fond de boite en émalène (plastazote, sorte de plaque de plastique parfaite pour piquer les épingles), normalement neutre assez épais (45mm minimum), surtout si les insectes sont lourds. Favorisez quand c’est possible des matériaux sains qui ne dégagent pas de substances nocives pour vous, ou pour la collection.

 

L’ÉTANCHÉITÉ DE LA BOÎTE

Pour les problèmes d’infestations biologiques, une fois les conditions de conservation préventives respectées : absence de poussière, une humidité relative entre 40 et 50 % plus ou moins 2 % par jour et une température à 18 °C avec plus ou moins 5 °C par jour, absence de développement de moisissures. Il reste l’éventualité des attaques chitinophages : il s’agit des insectes décomposeurs qui vont aller manger les insectes en collection comme les Anthrènes. Attirés par l’odeur des insectes séchés, ils vont chercher à les atteindre. La boite est donc là pour créer une barrière. Elle doit donc être la plus étanche possible. 

Pour en savoir plus sur la conservation des boîtes d’entomologie, c’est par ici.

 

TESTER LE MATÉRIEL

Le test pour savoir si une boîte ferme bien : primo, elle ne doit pas s’ouvrir avec une seule main. Secondo, mettez un morceau de papier de 5 cm x 5 cm dedans, fermez. À l’ouverture, il doit y avoir un petit appel d’air à l’intérieur qui fait bouger le papier, et un petit bruit de succion. Évidemment, quelle que soit la fermeture, il n’y aura pas de poussière dedans, mais il faut penser aux larves d’Anthrènes qui mesurent quelques millimètres et peuvent se faufiler dans de très petits espaces. 

 

COMMENT FAISAIT-ON AVANT ?

Historiquement et de façon plus anecdotique, il existe en France des boîtes plus complexes, en général fabriquées pour la vulgarisation. On y ajoute des « cadres réflecteurs » : le fond de la boîte est tapissé d’un miroir, de façon à ce que l’on puisse voir l’envers du papillon sans avoir besoin d’ouvrir la boîte et de dépiquer l’insecte. De façon tout aussi rare, il est possible de voir des boîtes à double verre : elle est translucide des deux côtés. 

Au début XXᵉ, l’idéal étaient les boîtes « à double gorge », avec une fermeture doublée (en photo ci-contre) et couverte de velours, facilitant la fermeture, beaucoup plus étanche. Ce type de boîte est cité comme modèle déposé en 1876 par Héron-Royer, fabricant à Paris. Aujourd’hui, elles ne se font plus. Mais il existe de nombreux fabricants en Europe de bonnes boites de qualité, de nombreux formats différents et de types divers et variés!

 

Ne lésinez pas sur le prix, la survie de vos collections en dépend. 

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